Venez découvrir l'Eglise de Saint Martin de Louvie-Juzon qui se trouve dans les Pyrénées Atlantiques à quelques kilomètres du village de Laruns. Cette église fait partie de la paroisse Notre Dame et Saint Michel D'Ossau.
DES LOUPS ET DES OURS
LOUVIZ-JUZON tire son nom des loups qui étaient autrefois très nombreux dans les forêts voisines. Il existait une très épaisse forêt, à l'est du village, sur la route de Lourdes qui leur servait si bien de refuge que les habitants de notre église étaient réputés pour être leurs meilleurs ennemis "Loubates de loubié". Ils ont disparu sauf le clocher de notre église où peut être on pourrait distinguer quelques têtes de loup sculptées, en forme de gargouilles, si l'usure du temps n'avait pas fait son œuvre. Ajoutons que les ours, dont le nom de notre vallée est dérivé, eux sont toujours là, en petit nombre, dans la haute Montagne. Seules les Pyrénées, les Abbruzes et les Monts Cantabriques, en Europe Occidentale, abritent encore ces plantigrades.
UNE REPULIQUE MONTAGNARDE SUR LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES
La première trace documentaire du village est une charte de 1110. Il est extrêmement rare d'avoir des archives de cette époque. Par cet acte, les habitants de LOUVIE-JUZON (Luperia), de Sainte Colome, d'Arros et d'Asson consentaient à l'acte de donation fait par Gaston IV, le Croisé, vicomte de Béarn, en faveur de l'hôpital de Sainte Christine du Somport. Ce prince, eut un rôle déterminant au siège de Jérusalem, lors de la première croisade. Dans cette charte, il est précisé qu'une hôtellerie et une chapelle seront construites à Mifaguet (route de Lourdes), sur ce qui était alors le territoire de LOUVIE-JUZON, pour y recevoir les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. De là, ils empruntaient le "chemin du Seigneur" qui les conduisait à Sainte Colome, Louive-Juzon, Bielle, Gabas pour atteindre Sainte Christine, sur le versant Espagnol, l'un des plus grands hôpitaux de la Chrétienté. Cette charte est très intéressante car elle nous montre que le souverain de Béarn, devait avoir l'autorisation des habitants de ces différents villages. Ceci nous prouve que les habitants de la vallée d'Ossau, les Ossalois, étaient des hommes libres. Les Ossalois, en effet, étaient organisés en sorte de petit république. Par l'intermédiaire de leurs représentants, la "jurade" qui siégeait à Bielle, ils géraient leurs pâturages collectifs des montagnes et de la plaine, le Pont Long, situé au nord de Pau. Cette organisation pastorale subsista intégralement jusqu'au XIX éme siècle. Il en existe actuellement des vestiges représentés par le Syndicat Pastoral du Haut-Ossau et celui du Bas-Ossau. L'autonomie de la vallée était ainsi bien réelle et les Ossalois traitent directement, sans passer par le vicomte de Béarn, leur souverain, avec les pasteurs espagnols de la vallée de la Téna. Ils n'hésitaient pas à guerroyer et même semer la dévastation au nord de Pau pour faire respecter leurs droits de pacage. L'esprit "républicain" fut tellement fort en Ossau que la féodalité et la noblesse y eurent peu de prise.
Ces photos sont le fruit d'un travail de recherche d'un passionné : Gérard CLOS-COT, dit "Gégéne"
Lieu visité le 24 juin 2026
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